Le bénévolat est un genre d'activités encore peu reconnu. Pourtant de nombreuses personnes s'engagent dans des domaines qui les intéressent. Beaucoup de choses se font grâce au bénévolat. Il est étonnant de réaliser tout ce qui existe et qui n'est pas reconnu par la société: les médias, les politiques...On vit dans un deux mondes parallèles. Il est difficile d'intéresser les gens à sa cause tellement ces causes sont nombreuses.. Plus j'en fait, plus je me rends compte des moyens limités qui existent pour ceux qui y consacrent toute leur énergie. Il y a tellement de besoins et notamment dans le monde animalier que cela paraît sans fin. Petit à petit pourtant les choses se font. Merci de vous intéresser un peu aux causes que je défends et sûrement à d'autres!

Vous trouverez  ici la tenue d'un journal lors de mes différentes séjours comme bénévole. Il commencera avec mon séjour à Ban Oboun du 11 au 30 juillet 2019. Mais j'ai commencé en 2010!

Ban Oboun dog sanctuary - juillet 2019

Dimanche 14 juillet

Tout de suite, l’ambiance t’envahit : 38 degrés, un vieux chien souffrant de la chaleur qui ne vit qu’avec la clim ainsi que la nuit et toi qui ne dors qu’à coup de deux heures en raison du décalage horaire et de la chaleur. La région est très belle, les nuances de bleu et de vert du ciel et des rizières se déclinent à volonté. Aucun touriste dans les rues des petites villes. La Thaïlande préservée redevient magique. C’est minuit et je n’arrive pas à dormir malgré l’épuisement. Les chiens chantent à la belle étoile, j’espère que ce n’est pas à cause de lumière qui filtre à travers les fenêtres.

Première matinée, tu apprends rapidement ton job : balayer, nettoyer les enclos et tenter désespérément de retenir les noms des chiens de ton secteur. Trop vieille et trop fatiguée, je n’y arrive pas. J’opte pour les surnoms : gueule d’amour, la crevette, petite chouchou, kangourou, super timide, les deux potes, les brownies, les whites, les grisous et tous les autres.

Le matin, on se lève à quatre heures pour nourrir les chiens au frais et nettoyer. J’ai de la chance, je peux prolonger le temps de repos mais comme il fait trop chaud…

Lundi 15 juillet

Le matin, je sors le chien dont le cœur faiblit. Avec les lumières du sanctuaire derrière moi, je m’avance sur les sentiers de terre battue en compagnie de Cranky. Il fait encore nuit à 04h45. J’entends de la musique du village voisin : un fond de basses de festival soupoudré de musique traditionnelle thaï, curieux mélange, je ne suis pas sûre d’aimer. Sur le sentier, je m’aperçois que les rizières sont pleines d’oiseaux différents. Le héron pourpré apparaît dans chaque champ ainsi qu’un oiseau que je ne connais pas : le bec ouvert indien. D’autres passereaux ou aquatiques me tapent dans l’œil : le très connu  mainate, le grand coucai, le vanneau indien et d’autres que je vais m’amuser à identifier correctement. Plus loin sur le chemin, je vois des vers luisants qui me volent autour, ils éclairent ma route, de là à m’imaginer que des fées m’accompagnent… C’est le lever du jour. Le plus gros du travail commence avant le lever du soleil. Peu importe, tu transpires. A 13 h de l’après-midi, tu as déjà fait le gros du boulot et fait deux siestes. Vivement que je m’ habitue.

Mercredi 17 juillet

Les jours se suivent aussi riches en découvertes les uns que les autres. Hier soir, 3 scouts de France sont arrivées pour 3 semaines. Elles donnent un sacré coup de main. Pour faire connaissance, Michèle nous emmène manger une fondue chinoise thaï : un régal.

La nuit, c’est le spectacle de la pleine lune et le lendemain matin, surprise : une éclipse partielle nous laisse un quart de lune.

Le matin, lever à 4h30 ; jour de carême oblige. Je balade Cranky, je fais les boxes plus rapidement mais toujours sérieusement : balayer le dur et le sable, ramasser les crottes, faire des câlins. Un chien ne mange pas.  On surveille. Son surnom c’est Cléo car il ressemble un peu à un Golden. Il crève de chaud. On a toujours droit à nos 37 degrés.

Après une douche rapide, on part pour la cérémonie en l’honneur du carême bouddhiste. En attendant les moines, nous faisons des offrandes de nourriture et d’argent. Les moines arrivent par ordre hiérarchique : le chef, les anciens et les jeunes qui me font penser à mes élèves quand ils écoutent la théorie. On nous fait l’honneur, aux étrangères, de nous permettre d’offrir les habits aux moines. Il faut faire attention de ne pas les regarder dans les yeux, ben oui une femme c’est impur, et de saluer, tout ça à genoux. J’en ressors le dos et les genoux un peu cassés en raison de la position à respecter assise. Finalement, il n’y a pas grand-chose de magique. Tout le monde regarde son natel pendant la cérémonie ou presque, enfants comme adultes. Et les moines se rendent dans les supermarchés!

A la sortie, les chiens abandonnés s’approchent de nous, parmi lesquels deux jeunes dont les chances de survie sont faibles. Nous allons les vermifuger. Le sanctuaire est plein et dirigé par une seule femme quand Michèle n’est pas là. Faute de moyens et de personnel, on ne peut pas récupérer davantage de chiens. Ca crève le cœur. A quand une prise de conscience ? En attendant, on repart motivées à lancer cette fameuse campagne de stérilisation. Il faut les fonds.

Sur le retour, on s’arrête chez des voisins qui tout en gardant 3 chiens, ne s’en occupent pas hormis la nourriture. Avec Michèle, on prend notre énergie en mains et on décide de les embarquer pour un vrai shampoing anti-bestioles. L’une des chiennes en a sérieusement besoin, elle est pleine de puces. Une autre a besoin d’une nouvelle coupe sans nœuds. Après deux aller-retour pour la douche et la séance de toilettage, les chiens ressemblent à quelque chose. Au retour, je conduis le pick-up ! Mon rêve ! J’en ai tellement besoin pour Egali-Terre ! Conduite à gauche sur des routes en terre. Je maîtrise.

Aujourd’hui, on fête deux morts : celle de Johnny Clegg et d’une femme de 35 ans du village. Les circonstances sont bizarres mais peu étonnantes au vu de la vie qu’elle a choisi et ses valeurs. 3 jours de cérémonie vont suivre. De la musique va retentir  dès 4 heures du matin ainsi que le soir. On reconnaît le chef des moines pendant les prières, le moine qui a officié le matin lors de la cérémonie. Il reviendra pour une cérémonie en l’honneur de Magali le 26 juillet au sanctuaire.

Après la sieste traditionnelle, le travail reprend. On s’occupe de « Cléo » : bain, séchage et pédicure ! C’est un nouveau chien, tout frais ! Et bien sûr, il recommence à manger. La ronde des câlins, le changement d’eau dans les boxes reprennent. Il fait très très chaud ! On s’inquiète pour quelques chiens mais en particulier pour la petite Laap qui a des problèmes rénaux sérieux. Aujourd’hui, elle ne veut plus manger. Elle vomit de la bile. Une visite chez le véto va être nécessaire. On croise les doigts. Elle a droit à sa promenade avec Michèle et Chou, un copain à 3 pattes. Mais je la porte tout le long, elle ne tient plus debout.

Une journée bien occupée prend fin. On met du talc anti-moustiques sur les chiens pour la nuit et on peut se reposer un peu et prendre la 2e ou 3e  douche de la journée. Nous sommes contentes, la journée a été efficace et nous motive pour demain. On ne s’ennuie absolument pas.

Samedi 20 juillet

Les journées se suivent. Le travail de base reste le même mais il y tellement à faire que cela reste un défi de tout gérer : trouver l’énergie et le temps et tout cela sous 38 degré. La température reste un frein. Entre 12h et 17h, cela devient inhumain de s’activer ; même les chiens sont d’accord. Quand je leur ouvre leur enclos pour une sortie supplémentaire, certains semblent me dire : « He, ho…ca va pas non ! Je reste dans mon boxe, dans mon trou bien emménagé à plus de 20 cm ou plus de profondeur ! Et tant pis pour toi si tu le rebouches tous les matins ! ». Et pour me faire bien comprendre que leur trou, c’est sacré, l’un d’eux m’a fait le cadeau d’un rat mort ce matin, dans son trou….

On décide de baigner un maximum de chiens. Mais bon, il fait toujours plus de 33 degré même le matin ! C’est un problème dans la mesure où certains chiens ne sont pas du tout d’accord de se lever pour se rendre à la bath station. Et donc…il faut les porter ! Et quand le surnom du chien c’est « gros Meschki », ce n’est pas une mince affaire. Michèle l’attrape devant et moi je tiens les pattes arrière, histoire de ne pas peser sur l’estomac. J’ai sérieusement l’impression de porter tout le poids… C’est sûr qu’il fait plus de 30 kilos. Mais une fois douché au frais, ils sont tout contents. Nous les humains avons le dos cassé mais bon, l’important, c’est les chiens ! Certains jours, nous faisons une pose bains. Par contre, j’entends souvent la phrase : «  lui aussi il faut le laver ».

La petite Laap recommence à manger mais rien n’est gagné. Elle semble aller mieux. Il y a des hauts et des bas. Elle joue quand même sacrément à la princesse quand je le porte pour aller chez le véto : sur mes genoux, dans mes bras, dans l’espace climatisé. On croise les doigts. Pour un autre chien, une grosseur semble être davantage un kyste qu’une boule cancéreuse. Il s’agit d’un grand chien, peu habitué au transport, qu’il faut porter de l’enclos à la voiture. C’est pour ce genre de situation que le sanctuaire a besoin d’aide. Il est difficile à à But, une dame de plus de 60 ans, d’amener ce genre de chiens chez le véto car justement il faut le porter. Nous gérons ces situations au maximum mais nous n'avons plus 20 ans.

Une des gardiennes est tombée malade. Donc Michèle la remplace. Cela veut dire rester avec les chiens dans l’enclos principal entre 4h30 et 9h30 puis de 14h à 18h environ. Ces imprévus font partie du quotidien. Bon on en profite pour faire une vidéo publicitaire…heureusement pour moi, cette vidéo est impossible à mettre sur Facebook. Mais on a bien rigolé.

 Les 3 scouts françaises sont pleines d’énergie. Elles s’attaquent aux gros travaux : creuser un trou pour aménager un compost par exemple. Et en fin de journée, elles font un footing autour des rizières ! Je pense qu’elles ont un grain de folie.  

Le décor reste magique. Tous les soirs, le ciel nous offre ses nuances de couleurs. Jeudi, nous avons eu droit à une tempête locale : vents violents et fortes pluies, heureusement de courte durée. Rien de cassé au sanctuaire mais la boue peut vite faire des dégâts. Il faut creuser le sable qui s’est accumulé devant la porte de l’un des enclos. Mais en réparation, le ciel a sorti ses habits de soirée.

Je ne trouve pas de livres sur les oiseaux. Je n’imaginais pas toutes les variétés et les particuliers que l’on peut trouver ici. Donc je me perds en conjecture et internet ne m’aide pas assez. Parmi les nouveautés : le héron garde bœufs, le cormoran, le martin pêcheur, le lesser whistling duck (selon internet)…J’ai vraiment besoin d’un livre !

J’attends le retour de Michèle. Nous devons nous rendre une fois de plus chez la véto pour prendre quelque chose pour Laap et amener un chien errant du temple qui s’est fait mordre. J’espère que ce n’est pas trop grave car elle met du temps.

Je ne peux pas m’empêcher de mentionner le fait que j’ai conduit le pick up du sanctuaire, et à gauche. C’est vraiment la voiture dont j’aurais besoin pour transporter mes kilos de croquettes plusieurs fois par mois et participer aux interventions du centre ornithologique. J’ai posté une vidéo mais elle ne semble pas faire grande sensation…

Mardi 23 juillet

Bonne ou mauvaise nouvelle ? Cranky a retrouvé sa maîtresse qui est revenue le chercher depuis le Vietnam. Là-bas, il va retrouver donc sa maîtresse et un climat en altitude plus clément ; ce qui va faire du bien à son cœur. Mais il quitte un foyer aux petits soins pour lui, qui lui prodiguait les bons soins, qui le suivait de prêt, lui donnait une bonne nourriture, copieuse et saine, bref une équipe plus attentive à ses besoins réels. C’est un peu un crève-cœur. Il y a beaucoup de crève-cœur quand on prend soin des animaux.

Pour les bonnes nouvelles, Laap va mieux. Je l’appelle Little Princess parce qu’il faut bien l’avouer, elle se la pète un peu. Le chien mordu n’a rien de grave, il n’a pas été nécessaire de l’amener chez le véto. On avance bien dans les douches des chiens, aidées par les scouts. Les plus difficiles y ont tous passé. Ils sont difficiles parce qu’ils sont âgés. Le fait de les porter, de les éloigner de leur zone de confort ainsi que les douleurs dues à leur grand âge les stressent. Nous y allons donc en douceur et cela se passe bien. Le résultat en vaut la peine. Ce matin, un chien âgé et timide a radicalement changé de look. Il donnait l’impression de n’avoir plus de poils mais il est ressorti de sa douche avec un poil duveteux ! C’est quelque chose qui doit se faire au minimum à deux, avec de bons bras ; cela est donc possible quand il y a des volontaires au sanctuaire. Pour finir, dimanche matin, nous avons passé deux heures et demie, de 8h à 10h30, à couper les poils d’un chien surnommé « paillasson » pour vous donner une idée.

Autre bonne nouvelle significative : il y des nuages, il a plu et la température est de 32 degré ! Ouf !!! Ca reste lourd mais on revit un peu. Je me réveillais tous les matins en rêvant de la pluie et ce matin, c’était réel ! Ca devenait fatiguant, pour nous comme pour les chiens.

Pour les évènements plus égocentriques, j’ai passé une super journée dimanche. Comme chaque année, je passe le 21 juillet à l’étranger. J’ai eu droit à une manucure-pédicure et une excellente soirée avec l’équipe au restaurant. La nourriture est tellement excellente ici. C’est un régal. Nous avons bien tenté de danser sur de la musique thaï en live mais les morceaux nous incitaient plutôt à sortir les briquets voir les mouchoirs. Je ne posterai pas les photos ni les vidéos, c’est mieux.

En ce qui concerne les oiseaux, j’ai découvert l’identité de mon oiseau mystère. Je trouvais ses couleurs particulièrement jolies. En cherchant bien sur internet, j’ai trouvé une photo : il s’agit d’une poule d’eau à poitrine blanche ! Une poule d’eau ! Mais je vous assure qu’elle est très jolie ! En plus du blanc, les plumes sous les ailes sont brunes, rousses.

Jeudi 25 juillet

C’est génial ! On respire ! 32 degré toujours, un peu de vent matin et soir et quelques gouttes. Ca change tout ! Du coup, on a organisé un petit apéro sur notre terrasse. L’air était supportable avec un petit vent…

J’ai réalisé que je n’avais pas encore vraiment parlé des chiens. Bon, il y en a 109 donc…je vais parler un peu de ceux que je connais ; et c’est un grand mot. Il s’agit de ceux dont je nettoie les boxes, au nombre de 12. En premier lieu citons les « grisous ». Je viens de décider de les parrainer. Il s’agit de deux boules grises, à poils rats, courts sur pattes. Ils sont nés ici et la maman se trouve dans un autre secteur avec d’autres frères et sœurs. Les relations familiales étant ce qu’elles sont, même pour les chiens, mes deux grisous ont été déménagés. La femelle est plus discrète, elle se fait embêter notamment par Phom, une petite emmerdeuse, qui a probablement un petit faible pour le mâle; très gentille à part ça. Le mâle est marrant. Il fait le gros dur devant leur box, pour éloigner les intrus, Pom notamment, mais personne n’est dupe, et tout le monde entre facilement. Heureusement que je mets un peu d’ordre, surtout le matin. Je pense que tous les deux ont bien compris que j’étais la gentille marraine.

Il y a Mok. Mok c’est …un pacha, pas un pacha comme Inouque avec une tendance au grinchisme, juste un pacha. Quand il veut montrer qu’il est fâché, il ne va pas faire l’effort de se lever. Il continue à dormir et émet des aboiements qui ressemblent plutôt à une toux rauque d’une vieille personne tout en gardant  les yeux fermés. Le matin, quand je passe le balai là où il est allongé, après un bon repas, je peux dessiner le contour de sa silhouette, en lui grattant le dos avec le balai, il ne bougera pas.

Il y a la mami à trois pattes qui adore les câlins mais fait un peu la loi. Quand il a fallu lui couper la patte, à son retour, elle s’est très vite habituée. Michèle l’a entendue appeler un peu. Elle a décidé d’aller voir comment elle allait, si elle avait mal. Elle voulait juste sortir faire pipi. Elle s’est levée, a vacillé un peu, a trouvé son équilibre et hop, elle s’habituait à son handicap. Heureusement pour elle, les chiens n’ont pas besoin de la même rééducation que les humains. Il y a 3 chiens avec 3 pattes au sanctuaire. C’est incroyable comme ils gèrent ça. J’ai l’impression qu’ils gèrent mieux que les chiens aveugles qui ne comprennent pas ce qui se passe. L’un d’entre eux, King Kong, devient de plus en plus peureux. Il est pourtant arrivé très jeune au sanctuaire. On pense que c’est en raison du développement de sa cécité.

Il y a donc Phom, la petite emmerdeuse, qui tente vainement de faire des galipettes avec Youyou que je n’arrive absolument pas à approcher. Des chiens avec un sale caractère sont inévitables. Ils ne tolèrent pas toujours leurs congénères. Mais bon, mettez 109 humains ensemble et observez ! Il y aura les mêmes affinités et les mêmes inimitiés. Une chienne par contre sème sérieusement la zizanie dans son enclos. Elle provoque toutes les bagarres et c’est un peu moins drôle. On va lui réserver un coin pour elle et sa sœur afin d’éviter les problèmes.

Je ne vais donc pas parler des 109 mais, si j’ai encore un peu de temps, j’en évoquerai d’autres : les bandes, les petits vieux adorables, les sans-histoire, les timides, les ronchons. J’essaie de ne pas focaliser sur un. C’est assez facile en fait. Vous prenez le temps de regarder les autres, de passer un peu de temps avec et ils ont tous un truc qui les rend particuliers.

N’hésitez pas à devenir parrain ou marraine, c’est sympa. Et je peux vous pistonner…

Voilà, les journées se suivent, les cafés glacés de chez « Amazon Café » aussi.  Nous avons mis les noms des chiens sur les enclos pour les prochains bénévoles !

Et pour finir, nous tentons de sauver deux bébés pigeons. La maman a fait son nid minuscule dans un enclos, celui de la bande à John, 4 magnifiques prédateurs. Je crains sérieusement le premier envol. On a installé une corbeille sous le nid, mis le nid dedans, exactement là où ils étaient. Mais nous n'avons pas revu la maman, et cela déjà avant la mise en place du sauvetage. Si on ne la revoit pas, je veux bien mettre en oeuvre mes connaissances acquises au centre ornithologique mais je n'ai pas le même matériel; de plus je ne reste pas encore très longtmeps. J'ai peu d'espoir. Il faut que la mère revienne et que l'on veille au premier envol...peu de chances....

Vendredi 26 juillet

Je continue mes histoires de chiens. Je crois que Phom aimerait bien faire des galipettes avec Grisou mâle en fait ; ce qui naturellement entraîne des complications avec Grisou femelle ; même si c’est la sœur. Bon, Grisou femelle, Phuen, s’est vengée en pissant dans un autre enclos …merci j’ai pu nettoyer.

La maman pigeon n’est pas de retour…aïe, aïe, aïe. Mise en place d’un plan gavage !?

Aujourd’hui, je fignole mes observations d’oiseaux. Ce n’est pas facile car même si je trouve la bonne image sur internet, je ne trouve pas forcément le nom. Bon, parmi les passereaux donc, j’ai identifié un deuxième mainate que je vois tous les matins à cinq heures quand je fais les  boxes : le white-vented myna. Oui je trouve les noms en anglais bien sûr ; ce qui donne le mainate à ventre blanc….ne me demandez pas si c’est le nom officiel en français ! Quelques épis sur sa tête donnent l’impression qu’il vient à peine de se réveiller. Et sinon j’observe depuis quelque temps ce qui me semble être le ash-throated wood swallow, une espèce d’hirondelle donc.  Il y en a un 3ème mais c’est impossible de trouver son nom.

Ce matin, nous avons organisé une petite cérémonie en l’honneur de Magali. Nous avons rencontré Magali à l’un de nos marchés de Morges car elle voulait absolument rencontrer la présidente de Ban Oboun, Michèle donc. Elle est devenue son plus grand soutien et une excellente amie. Par la même occasion, elle m’a aussi beaucoup aidée pour Egaliterre. Elle est décédée d’un cancer il y a maintenant 100 jours ; d’où la cérémonie. Elle nous a toujours suivies dans nos aventures : repas, marchés…Elle nous apportait à chaque fois quelque chose : une bouteille, des chaufferettes pour les mains en plein hiver, un croissant, son soutien… Elle parrainait Tup Tup, un grand brownie très gentil, qui ne fait jamais d’histoires et qui n’aime pas les hommes…, de Pom Pom la brownie à museau noir sur mes photos et bien sûr, la petite et fameuse Laap, the little princess. Pour la cérémonie, le chef des moines est venu accompagné de 4 autres moines. Ils commencent par quelques prières ou invocations en thaï puis nous leur faisons des offrandes.

Nos 4 pattes se portent toujours bien. Je me demande si on va laver la bande à King. L’un d’entre eux l’a déjà été, plus que 4. Il s’agit quand même de 4 grands gaillards adorables, qui t’arrivent tous en même temps sur les genoux. Sur 4 pantalons, il m’en reste 1 et demi. Ils sortent toujours en compagnie de leur exact opposé que j’ai surnommés les latin lovers ! Il s’agit en fait du reste de la famille de mes grisous dont la mère. Ils sont aussi petits que les King sont grands, aussi rondouillards que les Kings sont minces. C’est adorable !

Les Dek Dek doivent être les chiens les plus impressionnants mais en même temps les plus trouillards des bandes. Il s’agit de 7 frères dont la maman est décédée l’année passée. On soupçonne qu’ils ont un peu peur de leur gardienne qui ne semble pas beaucoup les aimer. C’est quand même bizarre. Seuls deux m’approchent sans problèmes, deux autres font un effort si j’ai des snacks ou si Michèle est là. C’est un peu triste.

Aujourd’hui, je prends un peu de temps pour moi et j’essaie de retrouver un peu d’énergie bien entamée par le soleil des jours précédents. Demain, nous allons au marché de Bangkok pour trouver des bracelets et autres choses à vendre pour Egaliterre sur nos marchés.  En fin de journée, nous récupérons deux visiteurs à Ayutthaia et visitons la ville. C’est la journée tourisme en perspective.

Lundi 29 juillet

Aujourd’hui c’est mon dernier jour complet. Je prends l’avion demain en fin de journée. J’ai toujours le sentiment que rentrer équivaut à retrouver une montagne de problèmes et une tension permanente ; je ne suis pas sure que cela vaille la peine. Par contre, j’ai toujours hâte de retrouver mes animaux. C’était spécialement difficile de laisser Cléo après ses opérations. Je ne vais plus la quitter maintenant vu son âge. Elle me fait quelques soucis.

Même le ciel semble perturbé. Il n’est que 13h20 mais nous avons droit à un orage. On respire de mieux en mieux. J’espère que la météo ne sera pas trop catastrophique. Il faut que j’aille dire au revoir à la bande de l’enclos gauche avant mon départ : Frank, Makham, Marvay, les Dek Dek, les King., les Latin lovers, les beagles…

Heureusement, ce n’est pas parce que ce sont les derniers jours qu’il ne se passe rien. La journée tourisme s’est très bien passée, plus de 13h en route après le nettoyage des boxes bien sûr. A Bangkok, au célèbre marché de Chatuchak, j’ai fait une razzia de bracelets et de sacs pour les stands Egali-Terre. Nos amies de France m’ont aidée à faire des photos, postées sur Facebook et Instagram, et j’ai déjà deux bracelets de réservé et 4 autres de vendus. Efficacité ! La vendeuse du stand nous a offert, à Michèle et à moi, des petits cadeaux pour nous remercier. C’est un geste commercial que je trouve très sympa et qui n’existe plus tellement. Le marché est immense. Les prix défient toute concurrence mais on n’y tient pas plus d’une heure vu la fréquentation.

L’après-midi, nous nous sommes rendues à Ayutthaya, ancienne capitale du Siam, où nous avons visité les ruines de l’ancienne cité brûlée lors d’une attaque des Birmans ainsi qu’un temple bouddhiste très fréquenté par les Thaï de nos jours où trône un immense bouddha et dont les murs racontent la vie de Bouddha en peinture. Deux lieux, deux époques, tous deux impressionnants.

Sur le retour, nous avons retrouvé deux Suisses qui vont séjourner au sanctuaire. Nous avions rencontré J. au Stand du Festival de la Terre. Tout de suite, elle avait pris contact avec Michèle et voilà. Rapidement adoptés par les 4 pattes, ils nous ont aidé à laver quatre chiens ce matin et trois hier soir ainsi qu’à laver les sols à grandes eaux. Comme les loulous, ils ont vite été dans le bain…En plus J. est ma première cliente de ma nouvelle collection, alors là, rien à dire !!!

En ce qui concerne les oiseaux, la maman du premier nid est revenue. Je ne sais pas pourquoi je n’entends pas les bébés crier pour réclamer la nourriture. Mais tout le monde se porte bien pour l’instant. J’ai malheureusement découvert un autre nid sous un avant-toit, là où nous lavons les chiens. Pour l’instant, les œufs n’ont pas éclos. Pour les autres espèces, un guêpier se dispute un fil avec un martin pêcheur et j’ai aperçu à plusieurs reprises ce qui pourrait être le Drongo royal mais là, je ne suis pas sure.

Au sanctuaire, il y a toujours quelque chose à faire ou à réparer. Ca coûte du temps et de l'argent bien sûr. Dans le grand enclos, il a fallu refaire les protections solaires. Du côté des bénévoles, il a fallu mettre un "mur de paille" pour protéger la maison et les fenêtres de la chaleur du soleil de l'après-midi. Nos amies scouts ont fini leur compost: magnifique travail. Pour les 4 pattes, notre ami Marvay a une énorme verrue et du tartre qu'il faut absolument enlever; ce qui implique une opération pour un chien d'un certain âge.

Programme pour la fin: câlins dans l'enclos gauche, boxes à nettoyer à droite, trouver la spiruline pour Cléo, aller chercher les cartes de visite pour l'assoc et finir avec une petite manucure...petit caprice perso.

Dimanche 4 août

Je suis de retour en Suisse mais encore en train de récupérer. Pour conclure sur le séjour, je me dois de faire un appel. Ban Oboun a besoin de volontaires réguliers et de soutien financier. Il faut porter les chiens, passer du temps avec eux, les soigner, réparer des choses à gauche à droite, aller chez le véto etc. Tout ceci est géré par une dame de 60 ans et 3 gardiennes plus ou moins impliquées dans leurs tâches. Pour accueillir d'autres chiens, le sanctuaire a besoin de bras. Pour entamer une campagne de vaccination, il faut des moyens financiers. N'hésitez donc pas à suivre le sanctuaire et à me poser des questions comme bénévole ou à en poser directement à Michèle. Bonne découverte de Ban Oboun. Mes photos sont sur Instagram : Roline Wal ou Facebook : Egaliterre! #banoboun

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Projet de crownfunding pour le C.O.R.

Publié le 29.10.2019 dans Actualités par Caroline Walter

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